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La jupe culotte créée pour faciliter les déplacements des femmes

Hybride, la jupe culotte associe l’amplitude et la féminité de la jupe au confort du pantalon. Ces qualités font d’elle un vêtement unique mais surtout, féministe.


Le jour où Paul Poiret unit le pantalon à la jupe

La création de la jupe-culotte est une petite révolution dans le monde de la mode.

À l’origine, la culotte était portée par les hommes sous d’autres vêtements, l’équivalent d’un caleçon de la taille d’un pantalon aujourd’hui. En 1910, dans un monde extrêmement masculin (encore plus que maintenant) l’adapter au vestiaire féminin est alors un acte audacieux. Un défi pourtant relevé par le grand couturier français Paul Poiret ( considéré comme le précurseur de la Haute Couture contemporaine). Inspiré par les tendances venues d’Orient, le styliste a l’idée un jour d’unir en une seule et même pièce la jupe et la culotte, le féminin et le masculin. Les prémices d’une nouvelle ère dans le monde de la mode.


Du vêtement pratique à la pièce mode

Au début du XXe siècle, la bicyclette devient le moyen de transport le plus populaire, y compris du côté des femmes. Difficile de faire du vélo en robe longue : le vêtement vole au gré du vent, se coince de temps à autre dans la chaîne ou entre les rayons, se soulève parfois un peu trop, révélant une lingerie qu’il n’est pas coutume à l’époque d’exposer.

Par ailleurs, nous sommes en pleine guerre. Les dames doivent travailler pour remplacer les hommes partis combattre et donc se déplacer plus souvent. Rapidement, elles réalisent que la robe n’est pas l’alliée des femmes actives. C’est alors que la jupe-culotte arrive à leur rescousse.

La population féminine peut désormais travailler, se déplacer à vélo mais aussi accéder à des activités physiques et sportives jusqu’ici impraticables faute à ses grands jupons lourds et imposants.

Abandonnée au fond du placard pendant plusieurs années, la jupe-culotte revient sur le devant de la scène mode dans les années 70, notamment grâce au travail des ateliers Yves Saint Laurent. La pièce se veut cette fois très fluide, associée à un haut assez court et près du corps.

Unir en une seule et même pièce la jupe et la culotte, le féminin et le masculin.

Paul POIRET